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Le Yin et le Yang des Chinois au Congo

May 1st, 2016 | by admin
Le Yin et le Yang des Chinois au Congo
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Quelle perception les Congolais ont-ils des Chinois ? Des BTP au petit commerce, en passant par la médecine ou la restauration, la communauté chinoise investit le quotidien des Congolais, comme un peu partout dans les capitales africaines. Décryptage. 

 
« La Chine en colère !  ».  Les commentaires goguenards des passants ne manquent pas à la vue d’un chantier en construction mené par des ouvriers chinois. Au Congo, ils font désormais partie du décor. 
 
 
Ouvriers, commerçants ou cadres, ils forment une des plus grosses communautés étrangères visibles du pays.
 
 
A l’instar des films de kung-fu diffusés à la télévision dans les années 80,  les Chinois,  côté positif, suscitent admiration et quelques fantasmes auprès des Congolais.
 
 
Considérés comme rigoureux et bosseurs, ils sont un modèle et font envie à des citoyens qui décrivent souvent eux-mêmes leurs pairs comme paresseux.
 
 
Coopération sino-congolaise
 
 
“Les Chinois ont réalisé en peu de temps ce que les occidentaux n’ont pu faire ici. Et ce, habituellement sous des délais records. C’est impressionnant !”. 
 
 
C’est ce qu’estime Jean-Claude Mouanda, auteur d’un mémoire sur l’implantation de la Chine au Congo et par ailleurs administrateur à la direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes.
 
 
Une coopération qui remonte à plus de 50 ans en raison, notamment,  d’un proche passé lié à une idéologie commune : le communisme. Du “Socialisme bantou” au marxisme léninisme, le Congo en pleine Guerre froide avait choisi son camp. 
 
 
Barrages hydroélectriques, routes ou édifices publics comptent parmi les différentes réalisations de cette coopération. 
 
 
Par ailleurs, les produits made in china rencontrent un véritable succès auprès des Congolais. Comme dans bien des pays sur le continent. 
 
 
Des appareils électroménagers, aux textiles en passant par les produits de consommation courante, le succès des chinoiseries est dû à leur coût accessible.
 
 
Tous chinois ! Ou Tous les blancs chinoicisés 
 
 
Avec l’intensification de la coopération sino congolaise depuis 2001, environ 11 entreprises chinoises sont enregistrées chaque année au Congo d’après des chiffres de la direction générale de statistique au ministère du plan et de l’aménagement. 
 
 
Et, avec elles, de nombreux Chinois ayant intégré le paysage congolais. Au point où pour les toutes dernières générations, tout ‘‘visage pale’’ est assimilé à un Chinois. Vexant au passage quelques européens qui n’apprécient pas toujours l’amalgame.
 
 
« Avant qu’il n’y ait autant de Chinois dans les rues,  je me rappelle que les gens criaient mundele (blanc en kituba, une langue nationale congolaise) en s’adressant à moi, maintenant, sur mon passage, les enfants crient ‘Chinois, Chinois’  “, s’étonne un résident français de Bacongo dans le 2ème arrondissement de Brazzaville.
 
 
Chinoiseries et clichés
 
 
Même s’ils font envie à certains égards, les Chinois au Congo sont également sujet à bien de critiques.
 
 
Un bémol surtout par rapport aux produits made in China de mauvaise qualité déversés sur les marchés.  “La marque made in China pour les Congolais n’est pas synonyme de qualité”, révèle Jean Claude Mouanda.
 
 
« Sur un échantillon de 10 produits que l’on retrouve sur le marché, au moins 80% ne sont pas durables”,  achève-t-il.
 
 
Un avis que partage Caroline une brazzavilloise qui précise pourtant qu’il y a une large palette de gamme .
 
 
 
A force de critiques, les anecdotes dépréciatrices sont courantes, comme la fameuse histoire de la jeune Congolaise rabrouée par sa maman pour avoir eu un enfant avec un Chinois et l’avoir perdu en bas âge “Je t’avais bien dit que tout ce qui est chinois ne dure pas”.
 
 
Le mode de vie des Chinois au Congo reste pour la plupart des Congolais une énigme. Et ces derniers préfèrent ressasser et colporter anecdotes et ragots souvent tributaires des préjugés. 
 
 
“Le Chinois est un mangeur de chiens et de chat, depuis qu’ils sont là c’est clair tous les chiens et les chats du quartier ont disparu”, glousse Mosseka habitant de Batignolles dans le 4e arrondissement de Brazzaville.
 
 
“Sur les chantiers, ils sont divisés en plusieurs classes: il y a des ingénieurs, des directeurs de projets, des architectes, des ouvriers; les ouvriers et les manœuvres sont considérés comme des prisonniers ;  des délinquants, ceux qui commettent des délits”, livre anonymement un ouvrier Congolais.
 
 
« Les Chinois ne respectent pas la loi, ils ne font pas signer de contrat, en cas de conflit, ils réfutent  toute responsabilité.», témoigne  également de Serges, un ancien ouvrier Congolais aujourd’hui reconverti en chauffeur de taxi. 
 
 
“Il existe en effet de nombreux cas de mauvais traitement de travailleurs Congolais par des employeurs Chinois. J’en ai moi même déjà géré quelques uns “, corrobore Me Welcom Nzaba, avocat au barreau de Pointe-Noire.
 
 
Reste qu’il est bien difficile d’avoir l’avis des concernés. Quelques événements culturels sont réalisés pour créer du rapprochement, mais le mystère sur les Chinois reste entier pour la plupart des Congolais. 
 
 
Difficile de savoir combien sont installés au Congo, tout comme il est difficile de recueillir leur témoignage quand ils sont approchés. 
 
 
Seul un sourire énigmatique répond à certaines questions.
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